François Delabarre, premier maire de Courtisols

Le 17 septembre 2002, le Conseil municipal a décidé, sous réserve de l’enquête publique, de donner à une future rue de Courtisols, perpendiculaire à l’avenue de la Vesle, le nom de François Delabarre, premier maire inscrit sur la plaque portant les noms des anciens maires de Courtisols, apposée dans la salle de réunion du Conseil Municipal.
Mais qui était-il ?

François Delabarre, en devenant maire de Courtisols le 9 juin 1800, ouvre la série des maires, au sens moderne et définitif du mot. Mais d’autres portèrent ce titre avant lui : un certain Adroinus était maire (ou intendant domanial), en 847 ; la municipalité, établie à Courtisols le 26 janvier 1790, fut dirigée par un maire (élu pour deux ans), Claude Normand, puis Jean François Gobillard. Leurs successeurs, furent Claude Etienne Colsenet, « président » de décembre 1793 à septembre 1794 puis maire, et Jean Cochelet, Nicolas Appert-Goujat (novembre 1795) et Jean-Baptiste Thibaut (mars 1797), tous trois « agents municipaux ».

I. François Delabarre pendant la révolution française

a. François Delabarre, notable puis procureur
François Joseph Delabarre, né le 12 novembre 1752 à Courtisols, s’est marié avec Marie-Reine Rollet, le 30 juin 1 777. Le 29 avril 1791 ce cultivateur est mentionné comme « notable », membre du conseil général de la commune, titre qu’il conserva lors du renouvellement de la municipalité le 21 novembre 1791.

Le 30 décembre 1792 au plus tard, il devint procureur, c’est-à-dire représentant du roi au conseil communal. Il était donc consulté pour toutes les affaires et jouait le rôle d’accusateur public devant le bureau municipal siégeant comme tribunal de simple police. La France étant alors en guerre, il était aux côtés du maire pour recruter des gardes nationaux volontaires.

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Première apparition de Delabarre sur le registre des délibérations

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Delabarre signe comme procureur

b. François Delabarre, agent national
Nommé agent national avant le 20 décembre 1793, il représentait le gouvernement auprès des municipalités : il était chargé de surveiller l’exécution des lois, de dénoncer les négligences ou infractions et devait envoyer tous les dix jours un rapport au directoire du district (à Châlons pour Courtisols). C’est ainsi qu’il demanda la nomination de gardes champêtres le 30 mars 1794 ou fit interdire aux aubergistes, le 10 juin 1794, de vendre de l’alcool dans d’autres mesures que la pinte de Châlons. II signa aussi des procès-verbaux relatifs à des actes hostiles au gouvernement ou à des atteintes à la loi et s’occupa, non sans mal, des réquisitions qui se multipliaient en raison des difficultés économiques et de la guerre.

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Delabarre signe comme agent national

François Delabarre, membre, le 20 mars 1794, de la Société populaire qui se réunit en l’église Saint-Martin, devenue Temple de la Raison, attribua le 30 mars le presbytère de l’église Saint-Martin au Conseil de la Commune, pour tenir ses séances : il appliquait la politique antireligieuse de la Convention.
Malgré la chute de Robespierre (27 juillet 1794), François Delabarre poursuivit sa mission jusqu’au renouvellement de la municipalité de Courtisols, le 3 juillet 1795. Remplacé alors par Nicolas Colsenet, il disparut un temps du registre des délibérations, sauf au printemps 1798, où il fut agent municipal.