Patrimoine

Les visites dans la région Grand-Est

La Mairie de Courtisols

MairieLa Mairie de Courtisols, a été bâtie par Martin Massez sur l’emplacement d’une maison qu’il avait acquise, pour 5500 francs, le 31 janvier 1859. Cette nouvelle mairie remplaça la maison commune construite en 1830 et détruite en 1878 pour laisser à place à un nouveau presbytère.
Le 11 novembre 1868, le bâtiment donné par Martin Massez fut visité par Alexis Vigny, architecte à Châlons, qui décrit ainsi cette maison :
« L’immeuble construit récemment, destiné à la maison commune, renferme au rez-de-chaussée un logement pour l’instituteur et une grande et belle classe. Au 1er étage se trouvent la salle du Conseil municipal, le cabinet du Maire et le grand salon des réunions publiques. Au 2e étage, il y a l’emplacement des archives et d’autre dépôts ; Une cour avec cabinets, bûchers, remise pour pompes à incendie, terminent à l’ouest là, l’établissement dont il s’agit ».

L’école de filles a été construite à l’emplacement d’une autre maison acquise pour 2400 francs, le 25 avril 1859. Selon la visite du 11 novembre 1868, « la maison d’école des filles élevée derrière la maison commune, contient deux classes au rez-de-chaussée, un dortoir avec cellules au 1er étage. En outre, au sud de ce bâtiment, on remarque une cour avec préau et cabinets inodores ». Cette maison abrite aujourd’hui, dans les deux classes mentionnées ci-dessus, le Club du Troisième Age et la Bibliothèque. Le Club théâtre et l’Ecole de Musique se réunissent dans l’ancien dortoir.

Le bâtiment en craie qui abrite aujourd’hui la paroisse fut édifié en 1841 pour remplacer un bâtiment (une salle de classe et une cuisine avec alcôve) servant à loger « la sœur d’école de Saint-Martin (c’est-à-dire l’institutrice) et qui était très insalubre et qu’on ne pouvait réparer « attendu qu’il ne peut recevoir le jour ni au levant ni au midi ». Les chambres du haut furent reconstruites après 1846.

Le bâtiment situé à l’ouest de ce bâtiment en craie est plus récent. Il remplace une remise-bûcher, donnée en 1868 par Martin Massez :

Ainsi, de 1859 à 1868, Martin Massez, Maire de Courtisols, sans héritier, consacra une partie de sa fortune à acquérir systématiquement des terrains situés autour de « la maison d’école des filles élevée derrière la maison commune », puis à faire bâtir, à ses frais, de somptueux édifices destinés à abriter la mairie et les écoles de garçons et de filles. En 1868, il précisa que « le donateur se réserve expressément comme condition de la présente donation, de faire achever, à ses frais, les travaux de construction et d’embellissements en cours d’exécution sur les bâtiments et jardin désignés sous les numéros premier, deuxième, troisième et quatrième, comme aussi de faire faire toujours à ses frais, sur les immeubles maintenant donnés et sur tous les autres appartenant à la Commune de Courtisols, tels constructions, améliorations et embellissements qu’il jugera convenable »

Le secrétariat de mairie

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Le secrétariat de mairie

Les testaments de Martin Massez et Aristide Appert

Par testament, Martin Massez avait légué à Aristide Appert sa maison d’habitation et son parc en précisant, dans un codicille du 24 août 1874 : « Je tiens à ce que ma propriété ne soit pas démembrée et reste intacte : je penses que tu ne seras pas contrarié d’y laisser entrer les visiteurs comme je l’ai fait tant que toi ou tes enfants pourront la détenir et l’entretenir ; elle ne pourra pas être vendue et devra être laissée à la Commune avec rente nécessaire pour l’entretenir et la laisser en bon état. Tu seras juge de ce qu’il sera convenable de faire à ce sujet ». Dans ses divers testaments, entre 1875 et 1885, Aristide Appert confirma la donation de cette propriété à la Commune.

Toutefois, quelques mois après la mort d’Aristide Appert, un long conflit éclata entre sa veuve et le maire Octave Bellois. En 1901, Marie Appert estima que la municipalité, en louant la propriété léguée par Aristide Appert, était en contradiction avec les dispositions d’Aristide Appert qui avait signifié par testament que la propriété devait être affecté à un service public. Octave Bellois, considéra d’une part, que l’expression « je désire » impliquait que l’affectation à un service public n’apparaissait pas comme une condition sine qua non et d’autre part que la Commune avait exécuté le testament puisque le jardin était devenu promenade publique, que les services de la police municipale avaient été installés dans une partie des bâtiments et que le Conseil municipal avait décidé d’installe la Caisse d’Epargne dans une partie du corps de logis et d’affecter la salle de billard aux répétitions de la musique municipale.
Un service communal allait d’ailleurs bientôt s’installer dans la propriété Appert : en 1905, les services de la Caisse d’Epargne furent ramenés à la mairie, « à la portée de l’instituteur sous-caissier », alors que le secrétariat de mairie était transféré dans la propriété Appert. Le secrétariat de mairie était maintenant définitivement installé dans le bâtiment Appert, même si, en 1940, il fallut l’installer provisoirement dans la petite salle du Conseil municipal à la mairie en raison de l’installation de la Kommandantur dans ses locaux.


 

Le Parc Massez

Parc Massez
Le parc Massez

Le parc Massez fut également aménagé à partir des années 1855 environ par Martin Massez, qui, à sa mort, en 1875, légua sa propriété (sa maison, aujourd’hui le secrétariat de mairie, avec son parc) à Aristide Appert, celui-ci devant la transmettre à la commune à sa mort (1899).
Le Parc Massez en 2005

Le parc créé par Martin Massez est représentatif des parcs dessinés dans de nombreux autres jardins privés durant la période du Second Empire ; de part et d’autre de la Vesle, il offrait plusieurs types d’occupation de l’espace : un jardin de type régulier, très soigné ; un ensemble paysager très pittoresque avec des îles ; un parc paysager de promenade avec une allée circulaire et des boisements limitrophes ; de nombreux petits éléments bâtis (ponts, passerelles, bancs couverts, rocher, grilles …).
Ce jardin, depuis un siècle, a subi des transformations mais sa conception (un parc mixte) se lit encore facilement aujourd’hui. La tempête du 26 décembre 1999 ayant ravagé ce parc, la commune, à partir d’une étude de revalorisation entreprise par les bureaux Savart Paysage, à Châlons (Marc Soucat et Adeline Hamon) a décidé de le restaurer en respectant les intentions des créateurs.

 


L’église Saint-Martin

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L’église Saint-Martin

L’église Saint-Martin est mentionnée pour la première fois dans le polyptyque de l’abbaye de Saint-Remi de Reims, au IXe siècle. Cet ancien édifice a aujourd’hui disparu.

L’église actuelle, classée, possède une nef romane charpentée de la première moitié du XIIe siècle, dont les murs sont percés de fenêtre en plein cintre. Elle fut reprise au XVIe siècle et dotée de chapiteaux historiés soigneusement sculptés (chimères, centaures, anges, sirènes, un homme et une femme les bras enlacés, des hommes caressant le visage d’une jeune fille, un femme ayant un homme sur les épaules et lui tenant les jambes ; un ange tenant un écusson portant le monogramme du Christ IHS etc…).
De même, le transept du XIIe siècle fut remanié en 1520 par Guichard Antoine, comme l’atteste l’inscription « LAN MILLE V C ET XX GUICHARD ATOIE ICI ME MIST ». Il porte une belle tour carrée romane à ouvertures géminées en plein cintre. Le chœur gothique à abside polygonale, avec deux chapelles rectangulaires, était achevé vers 1200.
Les collatéraux ne sont pas contemporains : celui du sud est flamboyant ; celui du nord, de style Renaissance et achevé en 1555, fut construit par deux maîtres-maçons (Pierre Bernard et Arthur Clavyer), trois tailleurs de pierre (Jean Laurent, Nicolas Legendre et Jean Rossy), tous les cinq de Châlons, et un certain Pierre Laurent dit Gobillart, de l’Epine, dont le métier n’est pas précisé. La façade est percée, comme la nef, de trois portails d’époque différente.

 L’église Saint-Memmie

Église Saint-Memmie
L’église Saint-Memmie

L’église Saint-Memmie, classée, fut plusieurs fois remaniée. C’est sans doute la plus récente des églises de Courtisols. Elle est mentionnée pour la première fois en 1232, mais, le style roman en témoigne, elle est plus ancienne.

La nef romane, plafonnée et dotée de chapiteaux romans, communique avec les collatéraux par de grandes arcades brisées.
La croisée du transept, qui possède de curieux chapiteaux, la tour carrée et le chevet rectangulaire furent édifiés à la fin du XIIe siècle.
Les bras du transept sont flamboyants et la chapelle sud de style renaissance.
La façade occidentale, reconstruite au XIVe siècle, a été fortement endommagée par les intempéries.
Dans le collatéral méridional, une fenêtre à meneaux indique l’emplacement de l’école sous l’Ancien régime.

L’église Saint-Julien

Eglise St Julien
L’église Saint-Julien

L’église Saint-Julien, dont le quartier dès la première moitié du XIe siècle (mais la dédicace à saint Julien laisse supposer une église plus ancienne), a été si remaniée qu’elle est parfois considérée, à tort, comme sans intérêt.

Elle a conservé de l’époque romane le mur nord de la nef et le transept surmonté d’une tour carrée (fin XIIe siècle).
L’abside, la chapelle sud et le portail sont de style flamboyant.
Après la victoire de Montmirail (1814), la cloche sonna pendant deux jours, ce qui provoqua la cassure d’un bloc de bronze de 20 kg, conservé à la mairie.
L’église a été restaurée en 1993 après les dégâts causés en 1990 par une tornade le 3 février 1990 et une tempête le 28 juillet.

Le Prieuré

Le prieuré, magnifique bâtiment de craie au centre d’un parc paysager en bordure de la Vesle, a été presque totalement reconstruit il y a une trentaine d’années. Il est appelé, sur la carte de Cassini de 1760, prieuré de sainte Madeleine et on peut l’identifier aisément sur le cadastre ancien de 1811 : une grande maison s’élève sur un terre plain trapézoïdal entouré de fossés en eau. Ce prieuré fut cédé au Séminaire de Châlons en 1702 par l’abbaye de Saint-Remi de Reims, qui possédait des biens à Courtisols dès le IXe siècle. Bien que nous ne connaissions pas la date de la création de ce prieuré, qui vit sans doute le jour au plus tard dans la première moitié du XIIe siècle.

Le Moulin Décès

Le Moulin Décès
Le Moulin Décès

Le Moulin Décès, rue du pont Charrois, conserve ses installations qui fonctionnaient encore au milieu du XXe siècle. Reverrons-nous un jour, après restauration, fonctionner ce moulin mentionné avec certitude en 1530 (Moulin du Pont), alors qu’il était la propriété de l’abbaye de Saint-Remi de Reims et peut-être dès 1230 (un moulin situé près de l’église Saint-Martin, vendu en partie en 1230 par Odon de Suippes au monastère rémois) ?
De nombreux autres moulins à eau sont attestés à Courtisols le long de la Vesle :
moulin au lieu-dit Verlan (actuel Hyverland), sis entre le moulin de la Cour (attesté près du prieuré dans la première moitié du XIIe siècle ) et le moulin de Cierge (actuelle rue Machet) en 1311 ; « moulin la Planche près du pont de ce nom » en 1464 ; le moulin seigneurial du château de la Motte en 1688 ; moulin Herbillon en 1795.
Comme l’a montré R. Muzart, à ces six moulins à eau correspondaient six moulins à vent, tel le moulin du Prieuré et de la Madeleine, transporté de l’Etye au Pont au Terme au Four en 1822.

 

La fontaine Saint-Julien

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La fontaine Saint-Julien

Souvent méconnue, la fontaine Saint-Julien nichée dans un écrin de verdure à 150 mètres de l’église du même nom, est un des endroits les plus charmants de Courtisols. Elle était le siège d’un coutume observée jusque 1890. Chaque année, dans l’après-midi qui suivait la mi-carême, les agriculteurs, en leur grande majorité, s’y rendaient pour gratter superficiellement la vase recouvrant le fonds du bassin avant de boire une gorgée d’eau de la source. Cette pratique, rapportée par M. Charlier de Courtisols à la Société d’Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne, aurait eu la vertu d’empêcher la fontaine de tarir et de préserver de la soif pendant les travaux d’été. L’eau de la fontaine passait également pour guérie l’eczéma des jeunes enfants.

L’ancien Presbytère

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Plan pour la construction du Presbytère

Un presbytère, situé à l’ouest de l’église Saint-Martin, est mentionné dans les archives dès 1766, mais dès le 23 octobre 1810 le Conseil municipal de Courtisols approuve la construction d’un nouveau presbytère au chevet de l’église Saint-Martin. Les travaux ne commencèrent qu’en février 1817, mais le bâtiment – murs en torchis, pans de bois et carreaux de terre – ne semble pas de bonne qualité. Dès 1820, les carreaux de terre sont prêts de s’effondrer et les murs de la cave s’effritent ; il fallut procéder à diverses réparations. Lorsqu’en 1878, un nouveau presbytère fut édifié, cet ancien bâtiment fut loué au vicaire, puis aux « religieuses appelées à rendre encore quelques services à l’église et aux familles ». En 1890, il fut loué aux enchères et fut finalement vendu en 1931. Selon un bail de 1924, cet ancien presbytère était alors situé 12 rue Massez. Il était composé de 4 pièces d’habitation au rez-de-chaussée et d’une pièce d’habitation en mauvais état au 1er étage, d’un petit jardin au sud et d’une cour et ses dépendances au nord. On en retrouve aujourd’hui certains éléments dans la propriété au nord de l’actuelle garderie-cantine..

Presbytere
L’ancien presbytère

Le 12 mai 1878, le Conseil municipal, après avoir constaté que le presbytère était malsain, décida que la construction d’un nouveau presbytère était préférable à l’assainissement de l’ancien. Aristide Appert fut le seul participant à la souscription lancée par le Conseil municipal pour la construction du bâtiment. Il fut construit sur l’emplacement de l’ancienne maison commune. Comme le montrent les divers plans d’architecte conservés à la mairie, la disposition des lieux n’a pas changé depuis : un vestibule avec à gauche la cuisine (qui donnait accès à la cour de service), à droite le cabinet de travail du prêtre et au fond deux portes permettant de gagner la salle à manger et un jardinet. La chambre à coucher du prêtre venait après la salle à manger. Un escalier, presque caché, qui avait son entrée sur le vestibule, conduisait au 1er étage, composé d’une chambre de bonne au-dessus du cabinet de travail et d’un grenier au-dessus de la salle à manger et chambre à coucher. La réception des travaux – le bâtiment, ses dépendances et ses clôtures étant complètement terminés – eut lieu le 1er juillet 1880.
L’ancien presbytère

Après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, le Maire, à partir de 1907, le presbytère au curé de la paroisse, mais un désaccord surgit sur le montant du loyer en 1913. Le presbytère fut alors inoccupé pendant plusieurs années. En 1918, il fut loué à un réfugié ardennais puis en 1919 à la Préfecture de la Marne, pour y installer les services de la Commission cantonale d’évaluation de dommages de guerre du canton de Marson.
Le presbytère retrouva sa destination normale dès 1920, le presbytère étant de nouveau loué au curé. Toutefois, au début en 1931-1932, des querelles, portant sur le montant du loyer, opposa le curé au maire. En septembre 1932, le nouveau Maire Julien Adnet conclut un accord avec Mgr Tissier, évêque de Châlons. En 1956 l’abbé Drémont, curé de Courtisols fit savoir qu’en raison de ses responsabilités cantonales, il était contraint de se pourvoir d’une automobile ; il demanda donc au Conseil municipal, qui accepta, l’autorisation d’aménager un garage dans le petit jardin sud, la sortie de ce garage se faisant sur la ruelle entre le cimetière et le presbytère.
Lorsque l’abbé Lavaux, curé de Courtisols, quitta la paroisse en 1988, les locaux de l’ancien presbytère devinrent ceux de la garderie-cantine. Celle-ci a été tranférée dans un bâtiment neuf le 1er septembre 2012.