Un chemin de fer éphémère, Les guerres franco-allemandes

Un chemin de fer éphémère

En 1875, la commune de Courtisols demanda à la compagnie de chemins de fer de Châlons-Orléans, de prolonger la ligne Troyes-Châlons jusqu’à Sainte-Menehould, en passant par Courtisols. Les solutions proposées n’aboutirent pas.

En 1893 on envisagea la création d’un chemin de fer à voie étroite entre Châlons et Givry-en-Argonne par L’Epine, Courtisols (où il y aurait trois gares), Poix, Herpont, Dampierre-le-Château et Epense. Le projet se précisa, mais, en 1902, deux gares seulement étaient prévues dans la commune, à Saint-Martin et à Saint-Julien.

Aucune voie ferrée n’était cependant construite quand la première guerre mondiale éclata. Une ligne fut pourtant établie par les autorités militaires pour approvisionner le front : à Courtisols, elle longeait le Chemin des Fossés entre l’Epine et Somme-Vesle. En 1921, l’autorité militaire proposa de céder cette ligne au département pour créer un chemin de fer d’intérêt local mais ce projet fut abandonné en 1923. En 1936, cette voie ferrée militaire fut transformée en chemin rural.

Les guerres franco-allemandes

La guerre de 1870

Après la défaite de l’armée de Napoléon III, à Sedan, le 2 septembre 1870, la France fut en grande partie occupée par les Allemands : dès le 8 septembre, un corps d’artillerie bavarois s’installa à Courtisols, où il imposa de lourdes réquisitions de nourriture. En octobre, les Allemands demandèrent le versement par le village d’une contribution de 4469 F par mois, somme qui ne put être versée en totalité :en novembre, les caisses étant vides, des habitants prêtèrent de l’argent pour que la Commune puisse faire face à cet tribut.

La guerre 1914-1918

Les Allemands, qui avaient envahi la France le 3 août 1914, s’installèrent dès le vendredi 4 septembre à Courtisols, que l’Etat-Major du XIIe corps d’armée français et la majorité de la population avaient évacué : à 11 h le drapeau allemand flottait sur la mairie ; quelques maisons furent pillées. Trois jours plus tard, le duc de Wurtemberg, chef de la IVe armée, prenait ses quartiers dans le village. Mais, les Français ayant contre-attaqué sur la Marne, les Allemands quittèrent Courtisols le samedi 12 septembre en laissant quelques blessés dans l’église de Saint-Memmie ; un soldat saxon fut tué et enterré à Saint-Julien. Les troupes françaises, après leur passage à Courtisols, poursuivirent leur progression, ne laissant dans le village que l’intendance et la boucherie militaire.
Les deux armées allaient alors s’enterrer dans des tranchées pour une longue guerre. Courtisols se trouvait désormais à quelques kilomètres du front, qui passait au nord de Suippes : les cantonnements militaires, allaient se multiplier. Mais Courtisols allaient connaître aussi, pendant cette période, un afflux d’émigrés, notamment Ardennais ; certains y résidaient toujours en février 1919.
Le 13 avril 1919, le conseil municipal décida d’ériger un monument aux Morts, inauguré le 20 octobre de l’année suivante : les noms de 16 Courtisiens y furent inscrits.

La guerre 1939-1945

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L’équipage du Landcaster abattu sur le territoire de St Memmie

Quatre jours après l’offensive allemande, le 10 mai 1940, le préfet donna l’ordre d’évacuation de la population. 14 habitants du village laissèrent leur vie pendant cet exode. Les Allemands, dès la début septembre occupèrent le secrétariat de mairie, réquisitionnèrent des denrées alimentaires et réglèrent la vie du village.
Lors de l’attaque du camp de Mailly, dans la nuit du 3 au 4 mai 1944, par des bombardiers alliés, deux avions furent abattus sur la commune et 14 aviateurs britanniques trouvèrent la mort. Leurs corps reposent aujourd’hui dans le cimetière de Saint-Memmie, où un monument inauguré le 13 juin 1948 rappelle leur souvenir. D’autres anglais eurent plus de chance et purent sauter en parachute. Ils se cachèrent dans divers villages marnais, notamment à Courtisols.

Vous pouvez consultez l’article « Des Anglais et des Canadiens morts pour la liberté dans le ciel de Courtisols » paru dans le bulletin municipal N°45.


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